L'essentiel — un TNS ne choisit pas un produit, il choisit un ordre : protéger le revenu d'abord, épargner ensuite dans la limite déductible, garder du capital disponible. Sans prévoyance réglée, l'épargne retraite parie sur une activité qui continue.
Gestion de patrimoine TNS : ce que le régime ne règle pas
Le régime des travailleurs non salariés couvre une retraite de base calculée sur les revenus d'activité déclarés. Les artisans et les commerçants cotisent en plus à une retraite complémentaire obligatoire par points ; les professions libérales relèvent de caisses dédiées. Aucune de ces caisses ne reconstitue un revenu d'activité : la pension suit les bénéfices, y compris les années creuses. Une carrière heurtée — deux bonnes années, trois creuses — produit donc une retraite qui ne ressemble pas au train de vie de la fin.
Trois risques que la cotisation ne couvre pas
D'abord l'arrêt de travail : les indemnités journalières servies aux travailleurs non salariés sont forfaitaires et plafonnées, sans rapport avec le bénéfice réel. Ensuite l'invalidité et le décès : la rente ou le capital versés sont dimensionnés pour un salarié, pas pour une activité qui porte des charges fixes. Enfin la retraite : sans versement complémentaire, l'écart entre le dernier bénéfice et la pension ne se comble pas tout seul.
Où passe la frontière entre l'activité et le privé
En entreprise individuelle, les dettes professionnelles peuvent atteindre le patrimoine personnel, malgré la protection du logement et la séparation automatique des patrimoines depuis 2022. En société, la question se déplace : les parts ont une valeur qui dépend de ce qui est documenté — comptes, trésorerie, clientèle — et une caution personnelle peut dormir des années avant d'être appelée. L'inventaire de ces engagements passe avant tout calcul de rendement.
PER et loi Madelin : l'épargne retraite du travailleur non salarié
Le plan d'épargne retraite permet de déduire les versements du bénéfice imposable. Le plafond d'un travailleur non salarié dépasse celui d'un salarié : 10 % du bénéfice imposable, retenu dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, majoré de 15 % de ce même plafond. Au-delà, verser davantage n'ouvre aucun droit à déduction supplémentaire.
Ce que la majoration de 15 % change concrètement
La majoration ajoute une enveloppe fixe, indépendante du bénéfice : elle prend de la valeur les années creuses et devient secondaire quand les bénéfices montent. Les plafonds non utilisés restent disponibles pendant trois ans, de quoi rattraper deux exercices faibles avant de renoncer à la déduction.
Madelin ou PER : ce qui les distingue
Pour la prévoyance — indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès — les contrats de type Madelin restent l'outil adapté, cotisation déductible du résultat dans les limites prévues. Le PER, lui, sert à constituer un capital retraite, avec une sortie possible en capital, en rente ou par versements fractionnés. La contrepartie est fiscale : ce qui a été déduit à l'entrée est imposé à la sortie. Ce choix se prépare avant, jamais après.
L'ordre des priorités
- Protéger le revenu : arrêt de travail, invalidité, décès.
- Épargner pour la retraite dans la limite déductible : PER, puis contrats de retraite complémentaire.
- Garder du capital disponible, non bloqué, pour les creux d'activité.
- Préparer la transmission : parts, immobilier, clause bénéficiaire.
Inverser les deux premières lignes revient à bloquer de l'épargne en restant exposé à l'arrêt de travail : c'est l'erreur la plus fréquente dans les dossiers que nous reprenons.
Comment se déroule le bilan, étape par étape
- Vous indiquez prénom, nom, téléphone, e-mail et le point à éclaircir.
- Caroline Badin vous rappelle sous 24h pour cadrer l'activité, les revenus et les projets.
- Vous transmettez les contrats en cours, le dernier avis d'imposition et, en société, les derniers comptes.
- Les droits acquis sont chiffrés, l'écart avec le revenu souhaité est posé, les enveloppes sont classées.
- Vous recevez les options classées et décidez librement, sans relance commerciale.
Aucune étape n'engage : l'arrêt à la deuxième reste possible, et le rappel se fait sur le créneau que vous indiquez.
Prévoyance du TNS : ce que la caisse verse en cas d'arrêt
Les indemnités journalières du régime des travailleurs non salariés sont calculées sur une assiette forfaitaire, après un délai de carence, et plafonnées. Sur trois semaines d'arrêt, l'écart avec le bénéfice habituel se voit peu ; sur six mois, il devient structurel : le loyer, les salaires et les crédits continuent d'être appelés pendant que le revenu s'arrête. Un contrat de prévoyance de type Madelin vient compléter : indemnité journalière plus élevée, rente d'invalidité, capital décès, pour une cotisation déductible du résultat.
Trois points se vérifient avant de souscrire : le montant de l'indemnité journalière, le délai à partir duquel elle est versée et les exclusions écrites au contrat. L'état de santé au moment de la souscription conditionne les garanties : le questionnaire médical n'est pas un détail de procédure.
Protéger le conjoint et préparer la transmission
Un conjoint qui travaille dans l'activité sans statut n'a ni retraite propre ni protection en cas d'arrêt : le statut de conjoint collaborateur règle une partie du problème. Restent la clause bénéficiaire des contrats, à relire après chaque changement de situation, et les parts sociales, dont la transmission se prépare par donation ou pacte avant que la valeur ne devienne un sujet fiscal.
Gérant majoritaire : salaire, dividendes et trésorerie
Pour un gérant majoritaire de société, la part versée en salaire et la part versée en dividendes ne suivent ni le même régime social ni la même imposition. Ce qui reste dans la société peut financer l'activité, être investi ou servir de réserve — mais reste exposé aux créanciers : cette réserve ne remplace pas une protection personnelle.
Ce qui est offert, ce qui reste à votre charge
Le premier échange, l'inventaire et la lecture du régime ne vous sont pas facturés. Ensuite, ce sont les contrats mis en place qui ont un coût : frais d'épargne, cotisation de prévoyance. Le tableau sépare les deux.
| Poste | Ce qu'il couvre | Coût pour vous |
|---|---|---|
| Premier échange | Activité, revenus, projets, horizon de retraite | Offert |
| Inventaire des contrats | Retraite, prévoyance, épargne et assurance-vie en place | Offert |
| Lecture du régime social | Ce que la caisse de base et la complémentaire versent déjà | Offert |
| Ordre des enveloppes | Ce qui se déduit, ce qui reste disponible, dans quel ordre | Offert |
| Versements sur un PER | Épargne bloquée jusqu'à la retraite, déductible du bénéfice | Selon le contrat choisi |
| Cotisation de prévoyance | Maintien de revenu, invalidité, capital décès | Selon les garanties retenues |
| Frais et fiscalité de sortie | Ce que coûte le contrat et ce que l'impôt prélèvera | Selon l'enveloppe et l'horizon |
Un contrat chargé en frais peut annuler l'avantage fiscal des premières années : c'est le premier point à vérifier. La comparaison se fait toujours sur les mêmes bases — versements, frais de gestion, fiscalité de sortie.
Qui reprend votre situation
Je suis Caroline Badin, Conseillère en épargne retraite, patrimoine et prévoyance. Je reprends des dossiers de travailleurs non salariés dont les revenus avancent par à-coups, avec des contrats ouverts puis jamais relus. Je commence par ce que la caisse verse déjà : c'est la seule base honnête pour parler d'épargne. Chaque dossier est repris personnellement, et le premier échange reste offert. Faire reprendre mon dossier